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Déchets organiques




Définition

La gestion biologique des déchets nécessite de prendre en charge leur fraction organique en privilégiant leur retour au sol. Sous réserve des principes d’innocuité et d’efficacité agronomique certains déchets urbains et industriels peuvent être valorisés en agriculture.

Les déchets concernés par la gestion biologique sont nombreux, on peut lister en particulier :

  • les boues de stations d’épuration, résidus du traitement issus des stations d’épuration d’eaux usées,
  • les déchets des industries agro-alimentaires (eaux usées, eaux de lavage, boues, effluents et sous-produits),
  • les déchets végétaux divers (feuilles mortes, tonte de gazon, coupes de haies, élagage…),
  • les matières de vidange évacuées lors de l’entretien des installations d’assainissement autonomes (fosses étanches fixes, fosses septiques, puits d’infiltration, mini stations d’épuration individuelles, bacs à graisses domestiques...),
  • les boues de curage d’égouts évacués lors de l’entretien des réseaux d’assainissement urbains et industriels,
  • les cendres,
  • les déchets alimentaires des ménages,
  • les déchets de la restauration,
  • les déchets d’élevage agricole (fumier, lisier, fiente...)

Ces déchets sont recyclables ou valorisables en agriculture, sous certaines conditions :

  • soit ils sont « transformés » en matières fertilisantes et répondent à une norme ou une homologation. Dans ce cas, ils sortent du cadre des déchets et sont considérés comme des produits (exemple : engrais ou amendements organiques).
  • soit ils restent des déchets et sont alors autorisés au cas par cas. Sous réserve d’innocuité et d’efficacité agronomique, leurs épandages sont soumis à autorisation ou déclaration et nécessitent un plan d’épandage et suivi agronomique annuel. Les critères d’innocuité sont repris dans les textes réglementaires.

Exemples de déchets organiques :
Lisiers, purins, fumiers, fientes, litières, boues de station d’épuration, matières grasses, restes de repas, épluchures de légumes, tontes de gazon, feuilles, fleurs fanées, vinasses …

Fiches en lien avec les déchets organiques :

Quelques chiffres

En 2004, l’enquête menée par le Ministère du Développement durable a permis d’estimer à 680 le nombre d’installations de compostage en fonctionnement en France, et à environ 3,5 millions de tonnes de composts la production correspondante, 80 % de ces composts trouvant un débouché en agriculture. Par ailleurs, 60 % des boues de stations d’épuration et certains déchets des industries agroalimentaires (IAA) sont directement épandus sur les sols agricoles dans le cadre de plans d’épandage.
Le développement de la valorisation biologique des déchets ménagers et assimilés constitue un enjeu fort. C’est un moyen privilégié pour atteindre les objectifs définis dans la loi du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle Environnement, dite loi Grenelle 1 : objectif de réduire de 15 % les quantités de déchets incinérés ou enfouis, et objectif d’augmenter de moitié à l’horizon 2012, par rapport à l’année 2004, les quantités de déchets valorisés par recyclage matière ou organique.
(Source Ministère du Développement Durable)

Environ 180 000t de déchets organiques ont été collectés en 2008 en Picardie. Le ratio de collecte des déchets verts des ménages collectés en porte-à-porte et en apport volontaire, est de : 11,2 kg/hab/an dans l’Aisne, 47,5 kg/hab/an dans l’Oise et 22,8 kg/hab/an dans la Somme. Le ratio national est de 18 kg/hab/an. (Source ADEME, La collecte des déchets par le service public en France, Année 2007)

Les installations de traitement de déchets organiques sont essentiellement dédiées aux déchets verts, il existe ainsi 29 unités de compostage en Picardie. Le gisement de biodéchets ménagers représente des tonnages encore assez faibles. L’unité de biométhanisation d’Amiens est la seule à traiter des ordures ménagères résiduelles.
(Source Inventaire des Déchets Ménagers et Assimilés de 2008 en Picardie, ADEME)

En Picardie, le compostage domestique et les traitements autonomes se développent de plus en plus et tendent à limiter la production de déchets ; on estime que 40% des collectivités de compétence collecte ont sensibilisé les habitants à la pratique du compostage domestique.

Concernant les matières de vidange, la production nationale s’élève à 11 Mt/an soit 8 millions de m3 par an dont 3 à 4 millions proviennent des dispositifs d’assainissement autonome.
(Source ADEME)
En Picardie, le gisement des matières de vidange a été estimé à 23 143t en 2008. (Source Inventaire des Déchets Ménagers et Assimilés de 2008 en Picardie, ADEME)

Cadre réglementaire

L’épandage de déchets organiques doit respecter un cadre réglementaire strict.

Les différentes réglementations intervenant dans le domaine des produits et déchets organiques ont pour point commun, de garantir d’une part leur parfaite innocuité et d’autre part leur réel intérêt agronomique. Ces épandages ne doivent pas porter atteinte directement ou indirectement à la santé de l’homme et des animaux, à l’état des cultures, à la qualité des sols et des milieux aquatiques.

Il existe une réglementation spécifique à la gestion des déchets organiques : la circulaire ministérielle du 28 juin 2001. Elle rappelle les enjeux de la valorisation biologique et fixe les objectifs suivants :

  • la qualité irréprochable des fertilisants organiques produits ;
  • l’intégration de la valorisation biologique dans un système durable de gestion des déchets ;
  • l’information et la concertation autour d’une filière assurant une qualité des produits et une fiabilité des débouchés.

Pour les installations de compostage et de méthanisation, le cadre réglementaire dépend du type de déchets traités et de la taille des installations. Il relèvera d’une part, du règlement sanitaire départemental type (Circulaire du 9 août 1978), et d’autre part de la réglementation sur les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement.
Selon si les installations de compostage et de méthanisation sont soumises à déclaration ou autorisation, elles dépendent des arrêtés suivants :

  • l’arrêté du 7 janvier 2002 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration sous la rubrique n° 2170 " engrais et supports de culture (fabrication des) à partir de matières organiques " et mettant en œuvre un procédé de transformation biologique aérobie (compostage) des matières organiques ;
  • l’arrêté du 22 avril 2008 fixant les règles techniques auxquelles doivent satisfaire les installations de compostage ou de stabilisation biologique aérobie soumises à autorisation en application du titre Ier du livre V du code de l’environnement ;
  • l’arrêté du 10 novembre 2009 fixant les règles techniques auxquelles doivent satisfaire les installations de méthanisation soumises à autorisation en application du titre Ier du livre V du code de l’environnement.

Pour les produits ou matières fertilisantes :

L’homologation
Les articles L. 255-1 à L. 255-11 du Code rural relatifs aux matières fertilisantes et aux supports de culture régissent les procédures d’homologation ou d’autorisation provisoire de vente délivrées par le Ministère de l’Agriculture. Le contrôle de leur innocuité et efficacité agronomique est assuré par la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP). Ces homologations ou autorisations sont obligatoires pour l’importation, la vente ou la distribution des matières fertilisantes.

La normalisation
Les normes NFU (rendues obligatoires par arrêté) définissent et caractérisent les produits pour en faciliter la distinction et le choix sans ambiguïté pour l’utilisateur. Elles imposent notamment au responsable de la mise sur le marché la réalisation tous les 6 mois et lors de toute modification dans l’origine ou la nature de matières premières utilisées d’une analyse des teneurs en cadmium, mercure, plomb, chrome, cuivre, nickel, sélénium, zinc, arsenic, molybdène.
Quelques exemples de normes NFU :
- Les vinasses de sucrerie (engrais) : NFU 42-001 ;
- Les écumes de défécation (amendements minéraux basiques) : NFU 44-001 ;
- Les supports de culture : NFU 44-551 ;
- La norme NFU 44-051 relative aux amendements organiques fixe les dénominations et spécifications des amendements organiques. Elle a été révisée en 2007, et la nouvelle version est plus rigoureuse avec l’introduction de différents critères :

  • critères de composition en éléments fertilisants (azote, potassium, phosphore),
  • critères d’innocuité : éléments traces métalliques, composés traces organiques, inertes et impuretés,
  • critères microbiologiques : analyses sur le produit et analyses en routine selon le tonnage produit.

- La norme NFU 44-095 concernant les composts à base de boues. Ils sont également soumis à la législation suivante :

  • L’arrêté du 18 mars 2004 relatif aux vérifications auxquelles doit procéder le responsable de la mise sur le marché des matières fertilisantes répondant à la norme NF U 44-095 composts contenant des matières d’intérêt agronomique issues du traitement des eaux.
  • Le décret n° 2009-1341 du 29 octobre 2009 modifiant la nomenclature des installations classées modifiant et créant une nomenclature pour les installations de compostage de boues de stations d’épuration.

Un produit répondant à une norme rendue obligatoire est catalogué comme matière fertilisante. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de disposer d’une homologation.

Pour les déchets :
Compte tenu de leur nature, l’épandage des déchets est soumis à différents textes :

  • la législation "santé publique" qui prévoit des interdictions d’épandages dans certaines zones et à certaines périodes de l’année ;
  • la législation "eau", à travers le régime d’autorisation et de déclaration (Code de l’Environnement – Livre II – Titre 1er et notamment les articles R. 211-25 à R. 211-47 relatif à l’épandage des boues) et de l’article R. 241-1 du code de l’environnement.
  • la législation « installations classées » (Code de l’Environnement – Livre V – Titre 1er),
  • la législation « déchets » (Code de l’Environnement – Livre V – Titre IV).

Les autorisations d’épandage au cas par cas :
Pour les boues de STEP urbaines et les matières de vidange, les articles R. 211-25 à R. 211-47 du Code de l’environnement relatif à l’épandage des boues issues du traitement des eaux usées et l’arrêté du 8 janvier 1998 modifié fixant les prescriptions techniques applicables aux épandages de boues sur les sols agricoles ont pour principales incidences de sécuriser davantage la filière de recyclage en agriculture. Pour cela ils définissent :

  • Les fréquences d’analyses et valeurs limites en éléments traces métalliques (ETM) et composés traces organiques (CTO)
  • L’obligation de réaliser un suivi d’épandages. Ce suivi consiste à la mise en place d’une étude préalable qui définit notamment le périmètre d’épandage, l’aptitude des sols à recevoir des boues, les modalités de réalisation d’épandage. Les producteurs doivent également tenir à jour un registre d’épandage et réaliser au cours de la campagne d’épandage, un programme prévisionnel, un bilan agronomique, des analyses de sols et de boues…

Concernant les boues de STEP industrielles, l’arrêté du 2 février 1998 modifié relatif aux prélèvements et à la consommation d’eau ainsi qu’aux émissions de toute nature des installations classées pour la protection de l’environnement soumises à autorisation définit les modalités et conditions d’épandage aux articles 36 à 42. Notamment l’obligation d’un suivi analytique des effluents et des boues ainsi qu’un plan d’épandage doivent figurer dans l’étude d’impact. De plus un cahier d’épandage doit être tenu à la disposition de l’inspection des installations classées.

L’arrêté du 3 avril 2000 fixe les prescriptions relatives aux épandages des déchets de l’industrie papetière.

Le décret n° 2009-550 du 18 mai 2009 couvre l’indemnisation des risques liés à l’épandage agricole des boues d’épuration urbaines ou industrielles, et l’arrêté du 4 septembre 2009 fixe la liste des rubriques de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement dont l’épandage agricole des boues d’épuration industrielles donne lieu à l’intervention du fonds de garantie des risques liés à l’épandage agricole des boues prévu à l’article L. 425-1 du code des assurances.

Concernant les fumiers et lisiers, les conditions de stockage et de traitement des effluents d’élevages soumis à autorisation au titre de la nomenclature des installations classées sont réglementées par l’arrêté du 7 février 2005 fixant les règles techniques auxquelles doivent satisfaire les élevages de bovins, de volailles et/ou de gibier à plumes et de porcs. Il impose notamment :

  • des capacités minimales de stockage des effluents,
  • un plan d’épandage,
  • le respect de distances minimales entre les parcelles d’épandage, les habitations et les points de prélèvements d’eau,
  • des quantités maximales épandables…

Le « Grenelle II » prévoit à l’article 80 qu’à compter du 1er janvier 2012, les personnes qui produisent ou détiennent des quantités importantes de déchets composés majoritairement de biodéchets seront tenues de mettre en place un tri à la source et une valorisation biologique ou, lorsqu’elle n’est pas effectuée par un tiers, une collecte sélective de ces déchets pour en permettre la valorisation de la matière de manière à limiter les émissions de gaz à effet de serre et à favoriser le retour au sol. Seront notamment visés par cette obligation les restaurants et les marchés.

Codes possibles de ces déchets selon l’annexe II de l’article R.541-8 du code de l’environnement

02 02 Déchets provenant de la préparation et de la transformation de la viande, des poissons et autres aliments d’origine animale :
02 02 01 boues provenant du lavage et du nettoyage
02 02 02 déchets de tissus animaux
02 02 03 matières impropres à la consommation ou à la transformation
02 02 04 boues provenant du traitement in situ des effluents
02 03 Déchets provenant de la préparation et de la transformation des fruits, des légumes, des céréales, des huiles alimentaires, du cacao, du café, du thé et du tabac, de la production de conserves, de la production de levures et d’extraits de levures, de la préparation et de la fermentation de mélasses :
02 03 01 boues provenant du lavage, du nettoyage, de l’épluchage, de la centrifugation et de la séparation
02 03 02 déchets d’agents de conservation
02 03 04 matières impropres à la consommation ou à la transformation
02 03 05 boues provenant du traitement in situ des effluents
02 04 Déchets de la transformation du sucre
02 04 01 terre provenant du lavage et du nettoyage des betteraves
02 04 02 carbonate de calcium déclassé
02 04 03 boues provenant du traitement in situ des effluents
02 05 Déchets provenant de l’industrie des produits laitiers :
02 05 01 matières impropres à la consommation ou à la transformation
02 05 02 boues provenant du traitement in situ des effluents
02 06 Déchets de boulangerie, pâtisserie, confiserie
02 06 01 matières impropres à la consommation ou à la transformation
02 06 02 déchets d’agents de conservation
02 06 03 boues provenant du traitement in situ des effluents
02 07 Déchets provenant de la production de boissons alcooliques et non alcooliques (sauf café, thé et cacao) :
02 07 01 déchets provenant du lavage, du nettoyage et de la réduction mécanique des matières premières
02 07 02 déchets de la distillation de l’alcool
02 07 03 déchets de traitements chimiques
02 07 04 matières impropres à la consommation ou à la transformation
02 07 05 boues provenant du traitement in situ des effluents
03 Déchets provenant de la transformation du bois et de la production de panneaux et de meubles, de pâte à papier, de papier et de carton :
03 01 Déchets provenant de la transformation du bois et de la fabrication de panneaux et de meubles :
03 01 01 déchets d’écorce et de liège
03 01 05 sciure de bois, copeaux, chutes, bois, panneaux de particules et placages autres que ceux visés à la rubrique 03 01 04
03 03 Déchets provenant de la production et de la transformation de papier, de carton et de pâte à papier :
03 03 01 déchets d’écorce et de bois
03 03 02 boues vertes (provenant de la récupération de liqueur de cuisson)
03 03 05 boues de désencrage provenant du recyclage du papier
03 03 07 refus séparés mécaniquement provenant du recyclage de déchets de papier et de carton
03 03 08 déchets provenant du tri de papier et de carton destinés au recyclage
03 03 09 boues carbonatées
03 03 10 refus fibreux, boues de fibres, de charge et de couchage provenant d’une séparation mécanique
03 03 11 boues provenant du traitement in situ des effluents autres que celles visées à la rubrique 03 03 10
19 08 Déchets provenant d’installations de traitement des eaux usées non spécifiés ailleurs
19 08 01 déchets de dégrillage
19 08 02 déchets de dessablage
19 08 05 boues provenant du traitement des eaux usées urbaines
19 08 09 mélanges de graisse et d’huile provenant de la séparation huile/eaux usées ne contenant que des huiles et graisses alimentaires
19 08 12 boues provenant du traitement biologique des eaux usées industrielles autres que celles visées à la rubrique 19 08 11
19 08 14 boues provenant d’autres traitements des eaux usées industrielles autres que celles visées à la rubrique 19 08 13
20 01 08 déchets de cuisine et de cantine biodégradables
20 02 01 déchets biodégradables
20 03 04 boues de fosses septiques
20 03 06 déchets provenant du nettoyage des égouts

Codes déchets (annexe II)

Quelles solutions pour les déchets organiques ?

Prévention / Réduction

Diverses solutions existent en matière de prévention.
Pour les boues :

  • Mettre en place de nouvelles technologies, prétraitement en amont (pressage mécanique, égouttage, traitement par hydrolyse …),
  • S’interroger sur le mode de fonctionnement du procédé de fabrication utilisé afin de gérer au mieux le système de production,
  • Mettre en œuvre de « bonnes pratiques », contrôle et suivi régulier des bains, réutilisation des eaux de rinçage et eaux traitées, optimisation des temps d’extraction et d’égouttage,
  • Eviter les causes d’accumulation des boues lors de la conception ou de la réfection des réseaux d’évacuation.

Pour les déchets verts :

  • Le choix des espèces et des essences plantées a un impact sur les déchets d’entretien des jardins et espaces verts. Par exemple, il est possible de choisir des plantes à croissance lente ou d’aménager les espaces verts en prairie fleurie.
  • Certaines pratiques d’entretien permettent de réduire la production de déchets verts. Par exemple, le mulching est une technique de tonte du gazon qui ne génère pas de déchets. Les tondeuses mulching déchiquettent les brins d’herbe en fines particules qui sont laissés dans le gazon. Cette technique n’est possible que dans certaines conditions (tonte fréquente).

Pour les déchets alimentaires :

  • adapter ses achats à ses besoins permet d’éviter de jeter des produits non consommés.

Pour l’ensemble des déchets organiques, le compostage en interne est une pratique à privilégier car elle permet, outre la valorisation des déchets végétaux, la réduction des déchets à collecter et à transporter.

Gestion

Le mélange de différents types de déchets organiques est soumis dans certains cas à prescription réglementaire.
Les bennes contenant les déchets organiques doivent être facilement identifiables et protégées contre les dépôts de déchets indésirables.
Les conteneurs doivent être adaptés à la taille des déchets collectés.
Pour les boues, le stockage doit être fait de manière à prévenir les odeurs ainsi que la contamination des sols et des eaux pluviales.

Collecte

Pour les stations d’épuration, les industries agroalimentaires, les boues sont souvent traitées sur place, elles ne sont donc pas de collectées.

Pour les matières de vidange, les personnes réalisant les vidanges et prenant en charge le transport et l’élimination des matières extraites des installations d’assainissement non collectif doivent posséder un agrément. Les modalités de cet agrément sont définies dans l’arrêté du 7 septembre 2009. La norme XP DTU 64.1 de mars 2007 précise également les modalités d’entretien et de maintenance des dispositifs d’assainissement non collectif.

Le compostage domestique ou la gestion autonome en établissement permettent également d’éviter la collecte.
Sinon plusieurs types de collectes sont envisageables :

  • la mise en place d’une collecte séparative pour les ménages,
  • la mise à disposition de conteneurs de réception spécifiques aux déchets organiques dans des espaces bien localisés (déchèteries pour les déchets verts, espaces propretés…),
  • l’apport volontaire ou organisé sur des plateformes de compostage,
  • la collecte par un prestataire spécialisé pour les industries produisant de grosses quantités.

Traitement

Valorisation agronomique
Les déchets organiques peuvent être utilisés pour fournir des éléments fertilisants et incorporer de la matière organique et/ou de la chaux dans le sol.

Etude préalable
Pour envisager une valorisation en agriculture, il faut :

  • déterminer les caractéristiques des déchets (teneur en matière sèche, pH, matière organique et azote, ...) et son aptitude à l’utilisation agricole (innocuité et intérêt agronomique ou nutritionnel),
  • étudier le contexte agricole et le milieu (aptitude des sols à l’épandage, besoins des agriculteurs, cultures aptes, zone d’élevage, climatologie, ...).

A la suite de cette étude, si la filière valorisation agricole s’avère intéressante, on s’attachera à respecter les 4 points suivants :
1. offrir un déchet répondant aux critères d’innocuité et veiller réduire les teneurs en éléments indésirables (pathogènes, éléments traces, plastiques, ...),
2. améliorer l’homogénéité du déchet en diminuant la variabilité de composition en éléments fertilisants,
3. éviter les odeurs,
4. faciliter le stockage et l’épandage du déchet en augmentant la siccité de celui-ci ou en mettant en place un traitement complémentaire (chaulage, compostage).

De plus il faudra :

  • avoir une capacité de stockage suffisante pour pouvoir épandre aux périodes les plus propices,
  • choisir un matériel d’épandage adapté pour une répartition homogène du déchet au sol,
  • aider l’agriculteur à gérer le déchet en mettant en place un suivi agronomique (suivi analytique du produit, intégration du produit dans le plan de fumure et enregistrement des épandages).

Les déchets sont épandus soit directement, soit après compostage.
Le compostage consiste en la dégradation de la matière organique par des micro-organismes, en présence d’air et d’humidité. Avec l’acquisition d’un équipement adéquat et d’un espace largement dimensionné, cette valorisation concourt à l’élaboration d’une matière fertilisante de qualité, le compost, utilisé comme amendement organique, mulch, support de culture, en jardinerie (voir paragraphe suivant sur la valorisation agronomique).

C’est la pratique la plus courante pour les déchets verts (tontes de gazon, feuilles mortes, taille d’arbres et d’arbustes, déchets d’élagage, déchets floraux,…). Un autre procédé de traitement par broyage et compostage a été mis en place et breveté par l’ADEME pour ces déchets : c’est la plate-forme VEGETERRE où se succèdent un stockage spécifique des déchets, un broyage avec un matériel adapté, un compostage maîtrisé et la production finale d’un amendement de qualité. Il est important de veiller à la qualité du tri sélectif afin d’éviter la présence d’inertes.

Des déchets aux produits
Lorsqu’un déchet est normalisé ou homologué il devient un produit. Il existe 4 types de produits :

  • Pour nourrir le sol les amendements organiques apportent au sol les éléments indispensables à sa structure et à sa vie (ex : compost de déchets verts) ;
  • Pour nourrir la plante, les engrais organiques apportent aux plantes les éléments nutritifs -indispensables à leur croissance (ex : vinasses…) ;
  • Pour protéger les sols, les mulchs assurent un paillage du sol et évitent les effets induits par l’érosion (ex : écorces compostés) ;
  • Pour remplacer le sol les supports de cultures sont des substituts du sol et ont surtout une fonction mécanique, voir aussi nutritive (ex : terreau à base de tourbe et de compost de bio déchets).

Les principaux déchets et produits organiques épandus en agriculture sont :

  • Déchets ou produits industriels : boues d’épuration, sous produits et co-produits de l’industrie alimentaire,
  • Déchets ou produits urbains : boues de station d’épuration, déchets végétaux divers, matières de vidanges,
  • Déchets ou produits industriels : boues d’épuration, sous produits et co-produits de l’industrie alimentaire.

Cinq grands types de boues sont recyclés en matières fertilisantes. Le classement se réfère à leur état physique ou à leur mode de stabilisation :

  • les boues liquides : cas des petites stations en zones rurales ou péri-urbaines (environ 15 % des tonnages de Matières Sèches (MS) de boues). Ces boues se stockent et se manipulent à la façon des lisiers de porcs ou de bovins.
  • les boues pâteuses : cas des stations de taille moyenne. Ce type de boues (environ 35 % des tonnages MS) est difficile à manipuler et à stocker. De plus, il favorise les fermentations anaérobies (d’où un problème d’odeurs). On applique de plus en plus à ces boues un traitement complémentaire à la chaux ou par compostage.
  • les boues chaulées : cas des stations de moyenne ou de grande taille. Selon le procédé utilisé et la dose de chaux incorporée, ces boues sont de consistance pâteuse ou solide. Ce type de boues est fréquent en France (environ 30 % des tonnages MS de boues sont chaulées).
  • les boues compostées : cas des stations de taille moyenne en général. Cette filière est encore peu développée pour des raisons économiques, malgré son intérêt manifeste sur la réduction des volumes à manipuler.
  • les boues séchées : cas de stations de taille importante pour le séchage par voie thermique. Cette filière reste peu utilisée pour des raisons économiques, malgré son intérêt manifeste sur la réduction des volumes à manipuler.

Les boues liquides et les boues chaulées sont celles qui sont le plus fréquemment épandues en Picardie.

Notons que les industries agro-alimentaires génèrent également des sous-produits utilisables en agriculture du fait de leur richesse en éléments organiques ou minéraux.
Certains peuvent être utilisés :
- en alimentation animale (pulpes de betteraves, marc de pommes, lactosérum, ...),
- en épandage sous forme :

  • d’engrais organique si le produit est épandu directement,
  • d’amendement organique après compostage,
  • d’amendement calcique après chaulage.

Enfin les eaux usées, souvent riches en azote organique (laiterie), quelquefois en potasse (industrie de la pomme de terre), peuvent être utilisées en agriculture. Leurs épandages sont soumis aux mêmes règles que les boues.

En Picardie
La Picardie est une région fortement agricole où la Surface Agricole Utile (SAU) représente plus de 70 % de la surface totale. Les surfaces aptes à recevoir des épandages sont à priori importantes. Cependant, la valorisation agricole doit faire l’objet d’une gestion rigoureuse et cohérente et être décidée en concertation avec la profession agricole pour assurer la fiabilité et la pérennité de la filière choisie.

Valorisation énergétique
Méthanisation
Les déchets doivent être préalablement broyés pour suivre cette filière.
La méthanisation, ou digestion anaérobie, est un procédé de décomposition de la matière organique, qui, sous l’action de bactéries appropriées et en l’absence d’oxygène produit un mélange de méthane et de gaz carbonique appelé biogaz. Ce biogaz est utilisé pour produire de la chaleur ou de l’électricité ou encore comme carburant dans des véhicules.
La méthanisation peut être appliquée à différents types de déchets : graisses, déchets de conserveries de légumes, de poissons, lactosérum ..., boues de stations d’épuration urbaines ou industrielles, lisiers, eaux résiduaires des distilleries vinicoles ou de betteraves.

Incinération
Le taux d’humidité variable des déchets organiques ne permet pas forcément leur incinération.
L’incinération s’applique essentiellement aux boues de STEP et boues de curage industrielles. Selon la méthode choisie pour l’incinération, les boues peuvent nécessiter des traitements préalables afin d’accroître leur siccité. Les boues de STEP peuvent être incinérées en mélange soit :

  • dans des incinérateurs adaptés : cette solution s’adapte uniquement aux gisements importants de boues, issus de grandes stations d’épuration.
  • avec les ordures ménagères. Ce mélange peut se faire, dans la fosse, par le biais d’un grappin de reprise et d’injection de boues ou par injection directe de boues pâteuses dans le four d’incinération. Les boues industrielles ou les déchets organiques souillés par des substances dangereuses peuvent être éliminés en unité d’incinération de déchets dangereux (Voir la fiche "Boues industrielles").

Stockage
Le stockage n’est possible que si les déchets organiques sont considérés comme des déchets ultimes.
Pour les boues (industrie agro-alimentaire) ne contenant pas de substances dangereuses et ne pouvant être valorisées, elles peuvent aller en centre de stockage de déchets non dangereux si leur siccité est supérieure à 30%.
Pour les boues contenant des substances toxiques ou des métaux lourds dépassant les seuils réglementaires. Elles devront subir une stabilisation et/ou une déshydratation pour arriver à une siccité de 35% minimum pour pouvoir être stockées en centre de stockage de classe 1 (Voir la fiche "Boues industrielles").

Transport

Des précautions doivent être prises pour éviter les envols.
Pour les boues, le matériel de transport doit être adapté à la teneur en eau.
Le transporteur doit déclarer sont activité en préfecture si la quantité transportée dépasse 500kg de déchets non dangereux par chargement.
Pour les collecteur-transporteurs de déchets d’assainissement, ils doivent déclarer leu activité en préfecture tous les 5 ans. Une copie du récépissé de déclaration en préfecture doit être conservée à bord de chaque véhicule.

Interdictions

Les déchets organiques ne doivent être ni abandonnés, ni brûlés à l’air libre, ni enfouis.

Pour en savoir plus

Dans la Somme, le SATEGE :
Les intervenants de la filière épandage peuvent faire appel au SATEGE (Service d’Assistance TEchnique à la Gestion des Epandages), pôle d’expertise de la Chambre d’Agriculture créé en partenariat avec l’Agence de l’Eau Artois Picardie et associant en comité de pilotage :

  • La Chambre d’Agriculture de la Somme
  • L’Agence de l’Eau Artois Picardie
  • Les administrations
  • Le Conseil Général
  • Un représentant des industriels

A souligner également l’existence de la mission biodéchets hébergée au sein de la Chambre d’Agriculture de la Somme

Dans l’Aisne, la MUAD (Mission d’Utilisation Agricole des Déchets), la mission associe l’ADEME, les Agences de l’Eau, le Conseil Général, la Chambre d’Agriculture de l’Aisne, le Conseil Régional de Picardie ; elle a été créée dans le but d’exercer un rôle d’interface entre les producteurs et les utilisateurs de déchets (boues de stations d’épuration urbaines et industrielles, composts de déchets verts et bio déchets) afin de s’assurer de :

  • la qualité des déchets recyclés en agriculture,
  • la transparence et la traçabilité des différentes filières de recyclage agricole,
  • l’utilisation agricole raisonnée de ces déchets.

Dans l’Oise, un service de conseil est disponible à la Chambre d’Agriculture de l’Oise. Il conseille les producteurs de déchets valorisables en agriculture et les agriculteurs utilisateurs.
Le Syndicat d’assistance technique pour l’épuration et le suivi des eaux (SATESE) de l’Oise assure une mission d’assistance technique pour les boues de STEP.

Sites Internet

Bibliographie

  • "Les coûts de traitement et de recyclage agricole des boues d’épuration urbaines", ADEME-CEMAGREF, connaître pour agir, décembre 1999.
  • "Utilisation des déchets organiques en végétalisation, guide de bonnes pratiques", ADEME-CEMAGREF, décembre 1999.
  • "Compost de boues de stations d’épuration municipales qualités agronomiques et utilisations", ADEME-RECYVAL, septembre 2000.
  • "Les matériels de compostage de déchets verts", ADEME-BIOMASSE NORMANDIE, juin 2001.
  • "Approche de la qualité des composts de déchets en France", ADEME-AVAL, Collection Données et références, juillet 2001.
  • "Qualité et biodéchets : les systèmes de gestions européens", ADEME, Collection Connaître pour agir, 2001.
  • "Guide d’utilisation des effluents organiques en agriculture, la situation en Picardie" CHAMBRES D’AGRICULTURE PICARDIE, 2001.
  • "Le traitement biologique des déchets organiques", Cercle national du recyclage, décembre 2002.
  • "Article : Dossier Technique Boues d’épuration, Objectif minceur ", HYDROPLUS n°136.
  • "Les boues chaulées de stations d’épuration municipales", ADEME, 2001.
  • "Les boues d’épuration municipales et leur utilisation en Agriculture", ADEME, 2001.

Prestataires et acteurs : Déchets organiques

Prestataires picards

Département : 02
GENEOPOLIS - 02314 SAINT-QUENTIN CEDEX
LABORATOIRE DEPARTEMENTAL D’ANALYSE ET DE RECHERCHE DE L’AISNE - 02000 BARENTON BUGNY
MAGUIN S.A.S. - 02800 CHARMES
S.A.S.U PROGILOR BOUVART - 02510 VENEROLLES
TERIS SPECIALITES BEAUTOR - 02800 BEAUTOR

Département : 60
AGREN LABORATOIRE D’ANALYSES ETUDE ET SERVICE - 60000 BEAUVAIS
AGRI ENVIRONNEMENT - 60155 RAINVILLERS
ISAB - Institut Polytechnique LaSalle Beauvais - 60026 BEAUVAIS Cedex
SAS BUTIN SEDIC - 60540 BORNEL
VBC 3000 - 60155 RAINVILLERS
VIDAM - 60000 Beauvais

Département : 80
DULIN PATRICE - 80710 QUEVAUVILLERS
L'ENDIVERIE - 80200 SOYECOURT
LE CAMION BLANC - 80460 OUST MAREST
POLAK ET FILS - 80500 MONTDIDIER
VIDAM - 80048 AMIENS Cedex 1
VIDAM AGRIVAL - 80000 AMIENS
VIDAM SAS - 80048 AMIENS CEDEX 1
VIDAM SAS - 80048 Amiens Cedex 1

Prestataires dans les autres départements

Département : 14
BIOMASSE NORMANDIE - 14000 CAEN

Département : 75
BIO-NRJ - 75017 PARIS


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